Frédéric Castaldi (1964)

3 Juin 2014

"Depuis toujours, Castaldi peint des nus", constate le magazine Artension qui lui a consacré un dossier dans son numéro 113. "Les modèles vont et viennent. Parfois il se déguise avec sa compagne. Il porte alors un masque de loup garou. Elle mime la peur du chaperon rouge égaré, effaré quand vient le temps d’être croqué."

 

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Dans les mises en scène de rapt, d'enlèvement, que Castaldi affectionne, la femme n'est pourtant pas une simple victime. La voici qui "entretient d’obscurs rapports avec un corbeau", observe encore Artension. "Point de zoophilie dans ce commerce volatile : le corps-beau, la beauté des corps géométriques, n’est-ce pas l’idéal des statues grecques ?" Mais le corbeau, c’est aussi "la bête qui sommeille en nous".

 

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"Ce que peint Castaldi n’est pas l’idéal, pas l’archétype des néoclassiques, pas le nu académique mais le nu adamique. Il dévoile la nudité sans contrainte des corps : une chair confrontée au soleil, au vent, au paysage immémorial. D’où l’aspect fantastique d’un travail qui ne renvoie pas simplement aux jeux conceptuels du peintre surréaliste Magritte ou à l’étrangeté rêveuse de son confrère Delvaux. Ce nudisme sans esthétisme annule toute forme de hiérarchie : sous nos oripeaux, nos chiffons et nos rubans, nous sommes tous égaux face au ciel, les pieds dans les pissenlits, sous les nuages qui passent. Plus insoumis que Delvaux, moins conceptuel que Magritte, Castaldi écrit en peinture l’encyclopédie anarchiste des corps."

Né à Clermont-Ferrand en 1964, diplômé des Beaux-Arts dans cette même ville en 1989, Frédéric Castaldi a exposé à Paris, Nîmes, Metz, Caen, Lorient... Ses oeuvres figurent notamment au FRAC Auvergne et au Musée de Saint-Quentin. Représenté par la galerie artfontainebleau depuis 2012, il a conquis un public international.