Patrick Moya, la valeur montante de l’Ecole de Nice, a enchanté la Croisette en 2011 avec son immense installation/peinture "La civilisation Moya" exposée au Centre d'art de Cannes, à deux pas du Carlton et du Martinez - une exposition qui va voyager à travers le continent nord-américain par la suite.
Originaire de Troyes, Patrick Moya arrive sur la Côte d’Azur à l’âge de 15 ans. "Etre un artiste niçois, c’est être un homme du sud et faire un art méditerranéen où l’artiste
affirme sa présence sans culpabilité, où l’humain ne s’efface pas" : voilà une autodéfinition en guise de manifeste !
Egocentrique, Moya ? Oui, mais il a le narcissisme ludique et espiègle. S’il écrit son nom partout dans ses œuvres, il se représente de préférence sous les traits d’un petit
bonhomme souriant et binoclard - quand il ne se mue pas directement en Pinocchio ou en avatar de Second Life. Avec lui, l’art contemporain accède à l’autodérision sans pour autant renoncer à être
pertinent.
L'Ascension, du Tintoret (1518-1594), revue par Moya (2011)
C’est à la Villa Arson de Nice que Patrick Moya fait ses études d’art (1974-1977), c’est là qu’il est modèle aux Beaux-Arts avant d’y commencer véritablement son œuvre au début
des années 1980. Soutenu de longue date par les plus importants galeristes de la Côte d’Azur, Moya présente dès 1996 de grandes toiles et des sculptures au MAMAC, le Musée d’Art
Moderne et d’Art Contemporain de Nice. Puis il se met à rayonner dans le monde entier : après l’Italie où il expose depuis 1987, on retrouvera ses oeuvres à Londres, en Allemagne, aux
Etats-Unis, à Hong Kong, Taiwan, au Japon, en Corée, etc. Aux expositions s’ajoutent des performances, happenings, peintures en direct, sans oublier la création d’affiches ou les dessins de presse. Moya est partout, y compris dans
l’espace virtuel du Net bien sûr.
Quel que soit le support ou la technique, son style est immédiatement reconnaissable. "L’univers Moya est à la fois enchanté et légèrement pervers", écrit la journaliste Florence
Canarelli dans un ouvrage consacré à l’artiste. Un univers "peuplé d’ours en peluche et de drag-queens, de pinocchios et de cupidons, de pins parasols, d’éléphants volants et de diables
ailés". Parmi ses personnages récurrents, la brebis Dolly - créée en 1998 d’après le premier mammifère cloné de l’histoire - est au fil des ans devenue culte dans tout le sud de la
France en tant que mascotte de soirées techno branchées, les "Dolly Party", au cours desquelles Patrick Moya intervient régulièrement pour des performances.
Moya ne dédaigne donc pas la fête, mais il invite aussi au recueillement et à la spiritualité,
car à l’instar de Matisse ou de Cocteau, il a lui aussi été sollicité pour décorer un lieu de prière dans un village des Alpes-Maritimes : la chapelle Saint-Jean, de Clans, date du XVIIIe siècle,
mais depuis 2007 elle est plus connue sous le nom de "chapelle Moya".
Concentré d’une carrière arrivée à maturité, un monumental catalogue raisonné 1971-2011 de l’œuvre de Patrick Moya vient de paraître. Il marque une étape, car le meilleur est
sans doute encore à venir…
La galerie artfontainebleau a le plaisir et l'honneur de représenter Patrick
Moya en exclusivité francilienne.
Le Veau d'Art (2009)
Patrick Moya (à droite) avec Marco Schütz devant la maison-atelier de l'artiste à Nice
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