Laëtitia Giraud (1979)
La peinture de Laëtitia Giraud s'ancre dans l'ordinaire : routes, objets du quotidien, lumières familières. Elle sait rendre la banalité intéressante, faire surgir du mystère à partir de ce qui semble sans importance. Elle travaille des scènes souvent vides, nocturnes, "entre chien et loup", où les repères s'effacent.
Ses tableaux deviennent des plans fixes, chargés de tension, proches du cinéma : des images qui n'expliquent rien mais laissent entrevoir ce qui précède ou ce qui suit. C'est une peinture du hors-champ, qui invite le spectateur à reconstituer l'invisible.
Elle part toujours d'un instant qui la saisit : une lumière, une ambiance, un fragment de scène. Elle prend une photo pour en garder la trace, puis elle peint en se libérant du modèle photographique pour fixer cette impression.
Le flou n'est pas un effet. C'est un langage pictural. Il lui permet de créer des images qui apparaissent et disparaissent, où le regard glisse sans certitude. Elle ne cherche pas à reproduire. Elle simplifie, efface les lignes, transforme en aplats. Son objectif : capter l'énergie, pas le détail.
La lumière - naturelle, artificielle, urbaine - est le fil conducteur de son travail. Elle cherche à capter sa vibration, cette énergie furtive qui transforme le réel et trouble la perception. La lumière est son vrai sujet. Elle la fait émerger du tableau.
Laëtitia Giraud est représentée par la galerie artfontainebleau depuis 2014.